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Belle entrée en matière que de commencer par la lettre “A” comme “amour”, le sujet qui passionne le plus les jeunes. Et sous ce chapitre, on peut le dire d’entrée de jeu, la grande majorité de ceux que nous avons interrogés se montrent (déjà) désabusés, prématurément désenchantés. Nassima, 27 ans, déléguée médicale résidant à Oran, résume cela en un seul mot : “foutaise”. Et de développer quand nous l’invitons à disséquer ce qui empêche les jeunes gens d’aujourd’hui de vivre des amours idylliques : “La sincérité et la pureté des sentiments et des intentions”, fait-elle. Des jeunes rencontrés à Bab El Oued sont catégoriques. Pour eux, c’est la faute aux “nanas”. Celles-ci seraient matérialistes. “Si t’as pas de portable, ma tekhzerch même pas fik”, lance Youcef, 20 ans, “hors-champ”. “Elles veulent la bagnole, la belle vie. À mon avis, elles regardent trop la télévision”, lâche à l’autre bout Amine, 17 ans, lycéen résidant au Golfe. “Pour moi, les filles sont des allumeuses”, tranche Imed, 18 ans, en classe de terminale cette année, beau gosse à souhait et tombeur malgré lui. “Elles font tout pour te provoquer, après, elles te laissent planté là comme un idiot”, poursuit-il. Pour leur part, les filles reprochent aux “mecs” d’être vicieux, “carnivores”, portés exclusivement sur la chair et n’honorant de leur verve langoureuse que les filles dites “canon”. Lina, 25 ans, licenciée en management : “Les jeunes Algériens ne parlent que de choses bêtes. Pour tout dire, il n’y a que le sexe qui les intéresse. Récemment, j’ai connu un mec par Internet, et lorsqu’on s’est rencontrés, il m’a dit que je n’étais pas son genre de femme physiquement. En somme, les filles choisissent les garçons sur la base de l’argent, et les garçons choisissent les filles sur la base de leur beauté.” Il semblerait donc que les jeunes amants d’aujourd’hui soient plus “speed” que leurs aînés, plus “tactiles”, moins “fleur bleue”. C’est un peu l’ère des amours “bipage”, des amours “texto”. Encore que les SMS romantiques ne sont pas toujours de rigueur. Les plus radicaux estiment que la littérature sentimentale a disparu, que l’institution de la drague est menacée et que tout va à la vitesse grand “V” sans respect aucun du code de la séduction. Après les autoroutes de la mort, les autoroutes de l’amour…
C’est un fait : le “bipage” est devenu langue nationale. Et s’il est un gadget qui fait l’unanimité parmi les jeunes, de Bouzaréah à Bettioua et de Hassi Khabbi à Aïn Sefra, c’est bien lui : le téléphone portable. C’est le bidule le plus adulé, l’objet fétiche par excellence. Les plus fétichistes ne reculent devant rien pour avoir le cellulaire dernier cri ou le dernier machin avec lecteur MP3. Ainsi, après la cybermania, la portabmania ! pluie de SMS sur Alger. Les opérateurs de téléphonie mobile ont vite compris l’étendue phénoménale du marché des puces et ont adapté leur stratégie commerciale en fonction de cette nouvelle demande. Les pubs explosent à la télé, à la radio, sur El Bahdja, dans les champs de patate, au hammam, partout… Parallèlement à cette hystérie marchande, vague de blagues à Alger autour du thème de la “portabilisation” de la société algérienne. L’une d’elles, succulente pépite de l’humour algérois, n’hésite pas à détourner carrément un hadith célèbre, un dit du Prophète, pour les besoins de la cause : An Siemens Ibn Abi Nokia qal : “Men youhibou minkoum akhahou fel yatadhakarhou bi appel, wa man lam yastatiâ fa bi sms, wa man lam yastatiâ fa bi bip wa dhalika adhâfou el imane.” (Siemens Fils de Nokia a dit : “Celui qui a de l’estime pour son frère, qu’il l’honore d’un appel, sinon d’un SMS, sinon d’un bip et c’est le smig pour un croyant.”)
Force est de constater que les sites de rencontres et autres forums de discussion sont l’un des passe-temps favoris de la nouvelle génération. D’aucuns y vont dans l’espoir de trouver l’âme sœur ou carrément une femme/un mari, comme c’est le cas de cette jeune Oranaise de 18 ans interrogée sur tchatche.com. À la question de savoir ce qu’elle recherche en priorité sur Internet, elle réplique tout de go : “Je cherche à me faire des amis et un beau garçon pour me marier.” Qu’on médite cet autre message relevé sur un site de chat très visité par les Algériens : “Je m’adresse à toutes les jeunes filles et les femmes âgées de 21 à 45 ans et privées d’affection par le destin parce que célibataires, divorcées, veuves, ou même mariées et non satisfaites. Je suis là pour vous donner beaucoup d’amour et d’affection en toute discrétion. Si vous habitez à Alger ou ses environs, n’hésitez pas à me contacter...” Ou encore ce message d’une internaute que nous reproduisons tel quel : “Je veux une discution intéressante et sinsère et quotidienne et svp le respet hors ça je réponds plus, merci.” Ainsi, les nouveaux “draguérilléros” (pour reprendre Abderrahmane Lounès) ont le cœur “ADSL”. Même les chômeurs, les sans-grade, les sans diplôme, les femmes au foyer se connectent. Les messages sont crus ou sibyllins, romantiques ou graveleux, spirituels ou carnassiers. Mais quel que soit le profil psychologique de leurs auteurs, ils renseignent tous, peu ou prou, sur une incommensurable détresse affective et une très grande misère sexuelle.
À noter que beaucoup de jeunes, notamment les filles, se disent déçus par la tournure que prennent ces discussions. “C’est à croire qu’il n’y a que des obsédés sur ces sites”, se plaint une internaute. Une autre, échaudée par une expérience malheureuse comme beaucoup dans son cas, devait constater la mort dans l’âme : “Les jeunes qui chattent sur Internet sont dans leur majorité des menteurs qualifiés.”
“Je suis très portée sur les fringues et je suis accro de la mode”, avoue Katia, une jeune lycéenne de 18 ans originaire de Béjaïa. En déambulant dans les rues d’Alger, de Sétif, d’Annaba ou d’Oran, point de différence entre le look de beaucoup de nos jeunes et celui de leurs congénères d’outre-mer. C’est l’un des effets les plus patents et les plus immédiats de la mondialisation par télévision, magazines et… trabendo interposés. Culte de la marque, du chic et du free style auront envahi en force nos “fashion victims”.
Dans leurs hymnes, les “Chenaouas” glorifient “el marqua” et surtout “etttacha”, comprendre les baskets Nike “grifa”.
Et, sous ce chapitre, il convient de souligner un phénomène : même le hidjab s’y est fait. Et les boutiques de “libass char’î” l’ont compris, n’hésitant pas à proposer tout une gamme de hidjabs “in” en conformité avec les canons de la mode version “anaqa islamiya”. L’autre jour, à Bab El-Oued, nous avons été frappés de rencontrer une jeune femme en tchador chaussant des pumas très tendance. Foulard bariolé, jupe tzigane ou jean serré marié à une tunique en soie à la coupe affriolante, c’est la synthèse impossible qu’auront trouvée nos diablotins de teenagers pour marier tradition et modernité en une belle schizophrénie vestimentaire,
C’est le dada des jeunes “high-tech”, l’outil emblématique de la “jeunesse numérique”. Avec la prolifération des cybercafés, les trouvailles amusantes du Messenger, la généralisation de l’enseignement informatique, le plan Ousratic et autres PC par facilité, l’Internet s’est démocratisé parmi les jeunes. “Moi, je consulte le Net surtout pour me documenter”, confie une étudiante. “Moi, je ne suis pas trop tchat. Je vais surtout sur Internet pour télécharger de la musique, des clips, des films”, dit Imed. Il convient également de relever que les potaches ont de plus en plus recours au Web pour leurs devoirs scolaires en abusant du “copier-coller”, ce qui fera dire à un cogitant de boulevard : “J’appellerais tout ça : la technologie de la paresse.”
Il faut citer aussi la mode des blogs, ces pages perso où n’importe quel quidam peut venir s’épancher en déballant sa vie intime, photos à l’appui. D’un point de vue anthropologique, les jeunes donnent l’impression de s’être structurés dans un ordre social nouveau, une sorte de société parallèle, une “e-société”. La toile fonctionne, en effet, comme une tribune libre, un “territoire libéré” où les bloggers de tout bord peuvent vider leur sac, faire jaillir leurs “e-motions”, donnant lieu à un véritable foisonnement d’utopies numériques. Les cybercitoyens sont même en passe de prendre le pouvoir au sein de l’Algérie “virtuelle”. Et vive la République électronique !
Que lisent les jeunes ? Liraient-ils moins avec la concurrence de la télé, Internet ? On aurait évidemment tort de généraliser, mais d’aucuns nous ont avoué que la lecture les “gavait”. L’inaccessibilité du livre et le peu d’essaimage des bibliothèques publiques n’est pas fait pour leur inoculer le virus de la lecture. Sans parler du rôle peu engageant du milieu scolaire, aggravé par l’attitude de parents souvent démissionnaires.
Ceci étant dit, il reste que beaucoup lisent les journaux, des magazines spécialisés, et ceux qui ont un encadrement familial lettré montrent un intérêt accrus à des lectures consistantes. Imed, 18 ans, notre lycéen d’El-Mouradia, a ainsi lu Nedjma et le Cadavre encerclé de Kateb Yacine dès l’âge de 16 ans. Il nous récite par ailleurs toute la série Paolo Coello, un peu d’Amine Maâlouf, des livres d’histoire… Sinon, les jeunes lisent surtout religion en ce moment, histoire du Prophète, un peu de BD (mais sûrement pas “danoises”…)
Les jeunes ont-ils aussi ardemment envie que leurs parents de fonder une famille ? En 2005, il y a eu 280 000 mariages contractés, selon l’ONS. Les statistiques révèlent un fléchissement de la croissance, malgré l’augmentation de près de 12 000 unions. La croissance ne représente que 4,4 %, après avoir été de 10 % en moyenne ces dernières années. Ce recul de la nuptialité pourrait être attribué à des raisons essentiellement économiques, mais aussi de mentalités liées notamment au statut de la femme. Il faut noter aussi que l’on se marie de plus en plus tard et les célibataires virent parfois en “célibattants”, pour reprendre le mot de Mohamed, 32 ans, spécialiste en marketing. “On ne se marie pas pour se marier ni pour faire plaisir aux parents mais, avant tout pour soi. Et seulement quand on a trouvé le bon partenaire”, dit-il. Mais cela reste sacré. Les jeunes rencontrés nous ont exprimé sans ambages leur souhait de se marier jeunes pour avoir vite des enfants et, aussi, pour éviter de tomber dans “le péché” (“ezina” ou bien “al fahicha”). D’autres regrettaient que la crise endémique du logement malgré les efforts de l’AADL empêche durablement les jeunes couples de fonder un foyer. Côté filles, si certaines continuent à caresser le rêve de porter la robe blanche et d’être mamans, d’autres, en revanche, semblent complètement refroidies quant au paradigme traditionnel du bonheur. Les femmes sont de plus en plus maîtresses de leur destin, à la faveur de leur indépendance économique et de leur promotion intellectuelle et sociale. Aussi ne se bousculent-elles pas trop au portillon de la soumission conjugale. Nassima : “Nous faisons des études supérieures, nous travaillons et nous nous assumons, alors il est tout à fait naturel que nous nous montrions un tantinet exigeantes, surtout que nous ne ressentons guère le besoin d'être avec un homme.”
Quelles sont les préférences musicales de nos jeunes ? Difficile à cerner quand on sait que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Mais il ressort de notre petite enquête que la soul, le rap et le R’n’B viennent en tête des écoutes musicales, en plus de la nouvelle musique orientale et ses icônes libanaises, largement diffusées grâce aux chaînes musicales arabes (Rotana, Melody Arabia et autre Mazzika...).
Il y a aussi le gnawi qui est très en vogue depuis le phénomène Gnawa Diffusion. Chapitre musique algérienne, le raï fait l’unanimité avec des noms comme Houari Dauphin, cheb Hassan, chebba Kheïra, Nasro… Mais celui qui nous surprendra par son immense popularité post-mortem auprès des jeunes, c’est incontestablement… Hasni, le crooner au timbre inimitable, idole “indétrônable” de tous les cœurs brisés, tout comme Matoub chez les jeunes Kabyles. Il y a aussi Khaled, mais ses fans disent préférer l’ancienne version du King, le “raï world” et particulièrement le “raï français” lui ayant, à leur avis, moins réussi. Notons par ailleurs qu’à Alger, le chaâbi demeure incontournable avec ses valeurs sûres de toujours : feu Guerrouabi, Amar Ezzahi, mais aussi Kamel Messaoudi, Réda Doumaz… On retiendra enfin le succès du rap algérien, notamment Lotfi Double Kanon, largement plébiscité pour la crudité de ses textes
“Navigui” Autre mot-clé du dictionnaire des jeunes algérois, tout comme “bougi”, “activi”, “dir ettaouil”… “navigui” est étymologiquement un terme marin qui renvoie à la navigation, et, là, on retrouve la proximité de la mer, la mer nourricière, l’appel du large, bel emprunt (et surtout “embrun”) linguistique… Le jeune doit “ramer” pour gagner sa pitance, se faire une situation… Au pire, il doit “galérer” (autre mot marin), mais dans son code d’honneur, il ne doit pas céder, se laisser submerger par les difficultés de la vie, ou être “âla”, un fardeau pour ses parents. De plus en plus de jeunes se prennent ainsi en charge, voguant parfois très loin de l’autorité parentale au point de faire vaciller l’ordre traditionnel au sein de la petite barque familiale quand le mousse s’émousse à trop vouloir supplanter le capitaine…
“Slt, keske tu fé 2m1 ? T c koi ? G 1 super plon 2 sorti !!...” Voilà à quoi ressemble de nos jours le français kid. C’est en effet un thème en soi, à en juger par le bouleversement de la morphologie de la langue sous l’effet des nouveaux codes “barbares” induits par les SMS, les mails, le chat et autre langage électronique à l’orthographe improbable. “À un moment donné, j’ai tellement pris le pli de cette orthographe que, sans m’en rendre compte, j’ai rendu un devoir scolaire avec des abréviations de ce style”, confie Othmane, jeune lycéen qui a pourtant un excellent oral.
En langage ado, minette un peu frivole, imbue de ses formes, qui rend fous les hommes d’âge mûr, au premier chef les baggarine, nouveaux riches puant le fric pourri et dénués de savoir-vivre jetés sur le rivage de la fortune par un risible accident monétaire, et qui infestent les cabarets d’Alger au bras justement de ces “papichettes”, parfois des mineures. Par extension sémantique, “papiche” est lancé à titre péjoratif pour désigner toute personne immature et un tantinet efféminée, avec un zeste de coquetterie déplacée dans les manières.
Une blague aux allures d’anecdote rapporte qu’une équipe de télévision d’une chaîne française, en reportage à Alger, est allée sonder un jeune hittiste à propos de la situation au bled. À un moment donné fuse une question en rapport à la vie sexuelle du type. Et le “hitiste” de lancer : “C’est des rumeeeuuuurs, c’est des rumeeeuuuurs !” Pour fictive qu’elle soit, cette note d’humour n’en reflète pas moins l’état de frustration d’une jeunesse énergiquement pubère et en proie à la misère sexuelle (au point que d’aucuns ont vu dans cette privation structurelle l’un des ingrédients de la violence terroriste, en témoignent les enlèvements de jeunes filles et les viols dans les maquis). Exclue et du circuit du mariage et de celui du libertinage, faute d’infrastructures (et parfois aussi de “main-d’œuvre consentante”), elle fantasme sur tout ce qui bouge. Et sa libido avariée de dégénérer en discours machiste frisant la misogynie primaire. Ceci étant dit, un constat s’impose : la génération actuelle passe pour “précoce” aux yeux de beaucoup de “prudes” parmi les grands frères. En tout cas, il est établi que les jeunes d’aujourd’hui ont sur ce chapitre, comme sur le reste, une connaissance qui est loin d’être sommaire. En témoignent les bosquets et autres “maquis roses” infestés non pas de terros, à Éros ne plaise, mais de joyeux tourtereaux. Ils auront ainsi trouvé dans la panoplie des supports de communication de la vie moderne et ses contenus polissons le mentor idoine pour leur dispenser le nécessaire d’éducation sexuelle que l’école n’osera jamais leur prodiguer, la question demeurant fondamentalement taboue. Et ne faites pas l’ingénu effarouché si vous vous voyez confesser par la bouche d’un ado un peu coquin, un peu grivois, qu’il a déjà goûté au fruit défendu. D’ailleurs, il s’en est trouvé effectivement qui nous ont confié avoir fait l’amour avant même d’avoir atteint leur majorité. À l’inverse, il y en a eu qui, sous des airs d’hédonistes entreprenants et lubriques, portés en apparence sur la bagatelle, se révélaient des amants sévères, très tatillons sur la forme. “L’idéal pour moi serait de faire l’amour, le vrai, après le mariage. Pour le moment, j’essaie de réfréner mes pulsions. Je sais où m’arrêter. D’ailleurs, croyez-moi, je préfère les préliminaires. Hamdoullah, je fais la prière. La religion reste un bon garde-fou contre le péché”, dit ce beau gosse de 18 ans, élève dans un lycée huppé d’Alger. Un autre, à peine 17 printemps, reconnaît, défait : “Avant, mon credo était : pas de sexe avant le mariage. Aujourd’hui, je dois me rendre à l’évidence que je ne pourrais pas tenir cette promesse.” Son pote, le beau gosse, revient à la charge : “Oui, avec toutes ces filles super bien roulées qui ne cessent de nous provoquer, comment veux-tu te retenir ? Vise-moi cette sirène, oulàlà… Comment veux-tu garder la tête froide devant une bombe pareille ? !” soupire-t-il, joignant l’œillade à la parole, déstabilisé par le spectacle d’une silhouette aguicheuse qui passait. Côté filles, les avis vont des chastes militantes qui ne veulent même pas entendre parler du sujet, à celles qui avouent sans tabou que leur but premier, par exemple sur les sites de discussion, est de vivre des aventures érotiques, même si elles appréhendent parfois de passer du virtuel au charnel. “Les mots suffisent à éveiller mes sens”, confie une internaute de 30 ans.
Déformation du mot business. Pour nombre de jeunes, c’est plus important et plus rentable que les études. Mais il y en a qui arrivent à marier études et affaires “pour se remplir la tête et les poches”, résume un garnement. Mohamed, 20 ans, handicapé plein de dynamisme et de volonté, a la main heureuse question business. “J’ai commencé tout petit avec la vente des livres scolaires dans mon quartier. Après, j’allais à souk Edlala et je ramenais des trucs, des parfums, à des prix imbattables. Aujourd’hui, j’ai augmenté mon capital. Je fais mes achats au D15, à El-Harrach, des vêtements surtout, t-shirts, casquettes, baskets, et j’écoule ma marchandise à Bab-El-Oued. J’ai fait un bon chiffre cet été. Cela me permet d’avoir un petit pécule pour la rentrée”, confie-t-il. Mais au-delà de ce petit business de quartier, il faudrait surtout lorgner le grand capital, celui qui irrigue les voies impénétrables de l’informel. Un business qui fleurit avec le commerce du “taïwan”. Informel + contrefaçon : telle semble être la formule gagnante, le secret du jackpot.